Démarche artistique

Si mon regard est pessimiste, mon travail est motivé par la rébellion profonde d’un espoir qui refuse de capituler. Mon univers est donc empreint d’obscurité, non pas comme une fin, mais comme l’écrin révélateur d’une lumière primordiale.

Ma recherche surréaliste s’inscrit dans un dialogue avec Beksiński, Giger et Caravage, pour leur rapport à la chair, à l’obscurité et à leur capacité à révéler l’humain dans ce qu’il a de plus cru. Inspiré par les littératures de l’imaginaire, j’invoque une tapisserie mentale que j’ancre dans la réalité au travers d’une recherche picturale vraisemblable et de l’acte de peindre lui-même. Ainsi, je cherche dans la matière, un moyen de donner une présence physique à un processus créatif profondément mental.

La question centrale qui traverse mon travail est celle de l’humanité contemporaine : quelles sont les limites qui définissent notre humanité ? À l’horizon d’un futur où la maîtrise de soi semble totale, je m’interroge sur ce qu’il restera de la part irréductible, organique et chaotique de l’humain. Mes figures ne sont ni tout à fait humaines, ni totalement autres. Elles incarnent une inquiétude existentielle face à la mutation possible de l’essence humaine, tout en affirmant la chair comme lieu de résistance.

Autodidacte par choix, je me suis construit dans le refus des modèles imposés. Je crois qu’un langage plastique authentique ne s’enseigne pas, mais qu’il se forge dans les épreuves, l’expérimentation, et l’erreur. L’art est pour moi un voyage solitaire et souverain : transmuter l’obscurité en matière, se comprendre soi-même, et se réinventer.